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BTP 2025 : une conjoncture sous tension et des enjeux d’assurance majeurs pour 2026

16 novembre 2025 par
BTP 2025 : une conjoncture sous tension et des enjeux d’assurance majeurs pour 2026
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En bref – La conjoncture 2025 en 5 chiffres clés :

●      -3,4% d’activité en volume sur les 7 premiers mois de 2025 (FFB)

●      -6,6% dans le logement neuf

●      -8% sur le marché non résidentiel

●      -2,1% sur la rénovation énergétique

●      30 000 emplois supprimés dans le secteur au premier semestre


1. Un secteur sous tension structurelle : les signaux d’alerte de 2025

L’année 2025 s’inscrit dans la continuité d’un cycle de contraction amorcé en 2024. La Fédération Française du Bâtiment (FFB) parle désormais ouvertement de récession, avec une activité globale en recul de 3,4 % sur les sept premiers mois de l’année.

 Les causes sont multiples : ralentissement de la demande, durcissement des conditions de crédit, incertitudes réglementaires, coûts de production toujours élevés, et difficultés persistantes dans la chaîne d’approvisionnement.

Le logement neuf reste le plus impacté, malgré quelques signes de reprise liés au maintien du Prêt à Taux Zéro et aux soutiens ponctuels d’Action Logement et de la CDC Habitat.

 Le non-résidentiel, quant à lui, replonge à –8 %, tiré vers le bas par la baisse des projets industriels et administratifs.

 Même la rénovation énergétique, pourtant au cœur des politiques publiques, accuse une baisse de 2,1 % en raison des changements de cap sur MaPrimeRénov’ et d’une instabilité perçue dans les dispositifs d’aide.

Ces fragilités ne sont pas conjoncturelles : elles traduisent une transformation profonde du modèle économique du BTP, désormais soumis à des contraintes durables — environnementales, réglementaires et financières.

 C’est dans ce contexte incertain que se redessinent les enjeux assurantiels du secteur.


2. Les vulnérabilités amplifiées des entreprises du BTP

Le ralentissement de l’activité agit comme un révélateur des points faibles structurels du secteur.

 Les PME du second œuvre et les sous-traitants régionaux sont particulièrement exposés : leurs marges réduites ne permettent plus d’absorber les imprévus, et les tensions de trésorerie se multiplient.

Pression sur les marges et sur les délais

Face à la hausse continue du coût des matériaux et de l’énergie, les entreprises rognent sur leurs marges et optimisent leurs effectifs.

 Mais ces ajustements augmentent mécaniquement les risques d’erreur, de défaut ou de non-conformité, avec à la clé des réclamations clients plus fréquentes et plus lourdes.

Tensions dans la chaîne contractuelle

Le modèle de sous-traitance du BTP crée une interdépendance complexe entre acteurs : maîtres d’ouvrage, constructeurs, artisans, fournisseurs.

 Le moindre incident sur un maillon du projet — défaut de livraison, défaillance, retard — peut se transformer en litige collectif, exposant plusieurs responsabilités à la fois.

Climat social et pression réglementaire

La baisse de la rentabilité impacte aussi la sécurité et la prévention.

 Certaines entreprises, faute de moyens, repoussent les formations ou les investissements matériels.

 Résultat : une hausse potentielle du taux de sinistralité (accidents de chantier, malfaçons, arrêts).

 Dans un secteur déjà fortement encadré, cette situation accroît le risque de non-conformité et d’amendes administratives.


3. Un environnement de risque élargi : du chantier au juridique

La crise actuelle ne se limite plus aux aléas techniques des chantiers. Elle touche désormais l’ensemble de l’écosystème du BTP — y compris ses dimensions juridique, environnementale et numérique.

Responsabilités croisées et multiplication des litiges

Les retards et arrêts de chantiers génèrent une explosion des contentieux contractuels : réclamations pour non-respect des délais, refus de réception, ou désaccords sur la qualité d’exécution.

 Ces différends mobilisent directement les garanties de Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) et les polices de protection juridique.

Risque environnemental et réglementaire

La mise en œuvre progressive de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) dans le BTP oblige les entreprises à gérer leurs déchets de manière plus stricte.

 Or, un défaut de traçabilité ou de conformité peut entraîner des sanctions financières et engager la responsabilité environnementale de l’entreprise.

Le risque cyber, nouvel enjeu sous-estimé

La digitalisation des chantiers (BIM, plateformes de suivi, outils collaboratifs) crée de nouvelles vulnérabilités.

 Les PME du BTP sont désormais des cibles de cyberattaques : vol de données de clients, blocage de logiciels de gestion, usurpation d’identité pour fraude aux paiements.

 Une cyber-assurance devient donc une composante à part entière de la couverture globale.


4. Repenser sa stratégie d’assurance pour 2025 et anticiper 2026

Dans ce contexte de mutation, l’assurance ne peut plus être perçue comme un simple “rempart” contre les sinistres.

 Elle devient un outil stratégique de gestion du risque, à intégrer dans la planification et la gouvernance de l’entreprise.

Audit des contrats et mise à jour des garanties

Chaque entreprise doit s’assurer que ses contrats reflètent bien la réalité actuelle de ses activités : nature des chantiers, périmètre d’intervention, taille des équipes.

 Une clause inadaptée ou obsolète peut fragiliser la prise en charge en cas de sinistre.

Garanties à renforcer pour 2026

●      Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro BTP) : ajuster les plafonds à la hausse face à la multiplication des recours.

●      Décennale : vérifier la conformité avec les activités réellement exercées (y compris sous-traitées).

●      Multirisque Chantier : couvrir les risques liés aux interruptions de travaux, au vol et au vandalisme.

●      Protection Juridique : anticiper la hausse des litiges contractuels.

●      Perte d’exploitation et assurance-crédit : pallier les retards de paiement et les défaillances d’entreprises partenaires.

●      Cyber-assurance : intégrer la couverture des systèmes de gestion et des données clients.

Anticiper 2026 : la relance, mais à risques

La FFB table sur une stabilisation de l’activité courant 2026, portée par la relance du logement locatif et la rénovation énergétique.

 Mais cette reprise s’accompagnera de nouveaux chantiers plus techniques et plus encadrés, donc plus risqués.

 Préparer dès maintenant son portefeuille d’assurances, c’est sécuriser sa capacité à rebondir.

5. Prévention, innovation et accompagnement : les nouveaux leviers de résilience

Les périodes de crise accélèrent souvent les transformations.

 Pour les entreprises du BTP, la clé réside désormais dans la prévention et la maîtrise du risque en amont.

Renforcer la culture de prévention

●      Déploiement d’outils numériques de suivi de chantier.

●      Formation des équipes aux bonnes pratiques sécurité.

●      Mise à jour des plans de prévention et des procédures internes.

●      Contrôle qualité systématique des sous-traitants.

Innover pour anticiper les aléas

La digitalisation (BIM, capteurs, drones, plateformes collaboratives) permet de mieux tracer les interventions, détecter les anomalies précoces et limiter les litiges.

 La donnée devient un levier d’assurance : plus la gestion du risque est mesurée et documentée, plus les garanties peuvent être optimisées et négociées à bon coût.

La prévention, levier d’image et de compétitivité

Un sinistre évité, c’est non seulement une économie directe, mais aussi une preuve de professionnalisme.

 Les donneurs d’ordre publics et privés privilégient désormais les entreprises capables de démontrer une gestion rigoureuse de leurs risques.

6. Le courtier d’assurance, partenaire stratégique de la reprise

Dans cet environnement complexe, le rôle du courtier en assurances professionnelles prend une dimension essentielle.

 Il ne s’agit plus seulement de placer un contrat, mais d’accompagner les dirigeants dans une stratégie globale de maîtrise des risques.

Chez ACBG Courtage, cette mission s’articule autour de quatre piliers :

  1. Analyse sur mesure des risques techniques et financiers de chaque entreprise.

  2. Optimisation des contrats existants, pour éviter les doublons et identifier les zones non couvertes.

  3. Négociation active auprès des assureurs partenaires, pour garantir des conditions adaptées au contexte économique.

  4. Accompagnement durable : suivi annuel, assistance en cas de sinistre, veille réglementaire et conseil stratégique.

Le courtier devient ainsi un acteur de performance autant que de protection.

7. Conclusion : se protéger pour mieux reconstruire

Le BTP reste un pilier de la relance économique : les besoins en logement, en infrastructures et en rénovation sont immenses.

 Mais pour transformer ces opportunités en croissance durable, les entreprises doivent sécuriser leurs fondations : finances, contrats, assurances et prévention.

Dans cette phase de transition, anticiper les risques de 2026 dès aujourd’hui est la meilleure garantie de résilience.

 Une stratégie d’assurance cohérente, alliée à une culture de prévention solide, permettra au secteur de rebondir sur des bases plus saines et plus durables.

ACBG Courtage accompagne les dirigeants du BTP et de l’industrie dans cette démarche de sécurisation et de performance :

 ✔ Analyse, conseil, négociation et suivi sur mesure,

 ✔ Une approche de proximité, centrée sur la compréhension des métiers,

 ✔ Et une conviction : mieux assuré, c’est aussi mieux préparé.

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